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De petits succ�s, de grandes id�es � int�r�t port� � la sant� reproductive des adolescents � la Jama�que
par Suzanne Francis Brown
(Mai 2003) Les succ�s sont r�els, mais ils semblent petits en comparaison du travail : atteindre le demi-million d'adolescents1 qui forme les quelque 20 % de la population de 2,5 millions de cette �le et leur permettre d'adopter des styles de vie sexuelle plus sains.
La sexualit� pr�coce, associ�e � un manque d'informations pertinentes, de services et de connaissances pour �viter des situations � risque, expose les adolescents (le plus souvent r�pertori�s comme les jeunes de 10 � 19 ans) au risque de grossesses non planifi�es, d'infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH, et autres menaces � l'�gard de leur sant� sexuelle et reproductive.
Au cours de la derni�re d�cennie, plusieurs �tudes effectu�es � la Jama�que ont rep�r� un certain nombre de facteurs de risque pour les jeunes, notamment la multiplicit� des partenaires sexuels, la violence sexuelle et l'absence d'informations sur la sant� reproductive2.
Surmonter certains probl�mes difficiles
Les recherches r�v�lent que les adolescents du pays entament leur activit� sexuelle � un �ge pr�coce. D'apr�s des �tudes r�alis�es depuis le milieu des ann�es 1990, l'�ge moyen des adolescents � leur premier acte sexuel se situe aux alentours de 13 ans pour les gar�ons et 15 ans pour les filles3. Quarante pour cent des femmes jama�caines ont �t� enceintes au moins une fois avant l'�ge de 20 ans et plus de 80 % des grossesses adolescentes ne sont pas planifi�es4.
L'activit� sexuelle pr�coce accro�t aussi les risques de contracter le VIH et autres IST. Le rapport 2002 sur la situation du SIDA � la Jama�que, publi� par le Minist�re de la Sant�, signale que pr�s d'un cas de SIDA sur 60, pendant la p�riode de 1982 � la fin de 2001, concernait des jeunes de 10 � 19 ans. Pendant 2001, 69 nouveaux cas concernaient la tranche d'�ge de 15 � 24 ans, soit 7,4 % du total. Aussi, les adolescentes �g�es de 10 � 14 ans et de 15 � 19 ans �taient deux et trois fois plus expos�es au risque de contracter le VIH, respectivement, que les gar�ons des m�mes tranches d'�ge5.
"Ceci r�sulte de facteurs sociaux, les jeunes filles ayant des rapports sexuels avec des hommes plus �g�s infect�s au VIH", souligne le rapport.
Le recours irr�gulier au pr�servatif aggrave les risques pour les gar�ons. L'Enqu�te sur le recours des adolescents au pr�servatif effectu�e en l'an 2001 r�v�le que 41 % des gar�ons de 15 � 19 ans sexuellement actifs sont plus expos�s au risque d'infection par les IST, parce qu'ils ont eu plus d'un partenaire au cours de l'ann�e pr�c�dente et n'ont pas employ� r�guli�rement de pr�servatif. L'enqu�te constate �galement que, si 86 % environ des adolescents �taient au courant du VIH/SIDA, 11 % seulement des jeunes hommes de 15 � 19 ans se sentaient personnellement concern�s.
Toujours d'apr�s l'enqu�te, qui constitue l'�tude la plus r�cente � l'�chelle insulaire sur l'utilisation de la contraception chez les adolescents sexuellement actifs, 74 % des jeunes de 15 � 19 ans et pr�s de 10 % des jeunes de 10 � 14 ans ont signal� qu'ils �taient sexuellement actifs. Le recours � une m�thode contraceptive �tait relativement faible chez les gar�ons de 15 � 19 ans lors du premier acte sexuel (31 % en comparaison de 59 % pour les filles), mais il �tait pass� � 68 % avec le dernier acte sexuel pris en compte dans l'�tude.
Si les adolescents plus �g�s avaient g�n�ralement plus de connaissances sur les m�thodes de pr�vention des IST, ce n'�tait pas le cas des adolescents plus jeunes. Quelque 88 % des adolescents de 15 � 19 ans ont cit� le pr�servatif comme moyen de pr�vention d'une infection, contre 57 % pour les jeunes de 10 � 14 ans.
Pour aborder les probl�mes de la sant� reproductive chez les jeunes, les organisations gouvernementales et non gouvernementales (ONG) ont diffus� des messages positifs, form� des prestataires de soins, des pairs et autres piliers importants de la communaut� et ont aussi pris des mesures pour am�liorer le contexte politique.
Am�liorer le contexte politique
La d�centralisation du syst�me de sant� de la Jama�que a r�cemment limit� le r�le de l'Office national de la planification familiale (NFPB), l'organisme public charg� d'�laborer, de promouvoir et de mettre en �uvre des programmes de planning familial et d'activit�s d�mographiques dans l'ensemble du pays. N�anmoins, le NFPB s'approvisionne en contraceptifs et les distribue aux services de sant� publique, articule la politique et la formation avec les autres organismes publics et fournit des informations, principalement � travers son service quotidien de conseil par t�l�phone et de visite sans rendez-vous, son t�l�phone rouge automatis�, ainsi qu'� travers quelques activit�s limit�es de vulgarisation sur demande.
"Un de nos principaux objectifs strat�giques est de faciliter l'acc�s des adolescents aux informations et aux services de sant� reproductive", explique Olivia McDonald, directrice ex�cutive du NFPB. "Nous sommes plus ou moins responsables de l'initiative pilote qui cherche � mettre en place une politique d'acc�s des jeunes de moins de 16 ans � la contraception".
L'�ge l�gal de consentement, � la Jama�que, est de 16 ans, rendant ill�gal la prestation de services de sant� contraceptive aux adolescents qui n'ont pas atteint cet �ge, m�me quand il est admis qu'ils sont sexuellement actifs. En outre, bon nombre de prestataires se refusent � fournir des services aux adolescentes qui ne sont pas enceintes et qui n'ont pas atteint 18 ans, l'�ge l�gal de la majorit�.
Une nouvelle mesure politique soumise � l'examen et � l'approbation du Parlement propose des directives qui permettraient aux prestataires de conseiller les filles de moins de 16 ans sexuellement actives, de leur prescrire des contraceptifs m�dicaux s'il n'est pas possible de les convaincre de s'abstenir de rapports ou d'obtenir l'intervention d'un adulte proche, ou � celles qui sont jug�es suffisamment m�res pour comprendre les implications de l'activit� sexuelle. La contraception chirurgicale, comme Norplant ou la st�rilisation, n�cessitera n�anmoins le consentement d'un parent ou d'un tuteur.
Les directives Acc�s aux m�thodes de contraception recommandent aussi que les infirmi�res, les m�decins et autres prestataires qui ne sont pas l'aise quand il s'agit de prendre de telles d�cisions � pour des pr�textes d'ordre soit moral soit juridique � transmettent ces cas � d'autres agents de sant�.
Un projet de politique nationale � l'intention de la jeunesse, �labor� par le Centre national pour le d�veloppement de la jeunesse, recoupe les directives Acc�s aux m�thodes de contraception mais n'aborde pas la sant� reproductive des adolescents. L'�laboration d'une politique sur la sant� reproductive des adolescents a �t� examin�e mais, � ce stade, elle n'a pas �t� poursuivie.
Am�liorer les services � l'intention des jeunes
Les initiatives du gouvernement destin�es � am�liorer la sant� reproductive des jeunes sont d�ploy�es par Youth.now, projet national sur la sant� reproductive des adolescents qui est soutenu par l'Agence des �tats-Unis pour le d�veloppement international (USAID). En cours d'ex�cution depuis le d�but de l'an 2000, Youth.now collabore avec des organisations publiques et non gouvernementales, notamment le Minist�re de la Sant�, le NFPB et le Centre national pour le d�veloppement de la jeunesse.
Le projet op�re dans neuf des 14 paroisses de la Jama�que � les principales divisions administratives de l'�le. Le projet exp�rimente dans divers sites des approches qui peuvent encourager les adolescents � avoir recours aux centres de sant� du secteur public pour obtenir des conseils ainsi que pour r�pondre � leurs besoins cliniques, notamment la contraception et le traitement des IST.
D'apr�s Pauline Russell-Brown, chef de mission � Youth.now, l'environnement est pr�t � accepter des changements. "Les individus voient les avantages de permettre aux jeunes de mener une vie sexuelle saine � et nous enregistrons des succ�s ; les communaut�s des paroisses o� nous travaillons manifestent leur enthousiasme".
Youth.now est en train d'exp�rimenter et d'�valuer cinq approches pour fournir des services de sant� reproductive adapt�s aux besoins des jeunes, par le biais d'ONG6 ou d'�tablissements appartenant au secteur public. Ces �tablissements ont �t� progressivement introduits au cours des deux derni�res ann�es et ils adh�rent aux approches suivantes :
- Un mod�le de centre de bonne sant�, offrant des installations d'exercice physique pour attirer les jeunes gens ainsi que des services de planning familial et autres ;
- Un centre de sant� publique autonome qui conduit r�guli�rement des activit�s de vulgarisation dans les �coles et les communaut�s avoisinantes ;
- Une op�ration conjointe avec l'ONG Children First, afin de fournir des services de sant� reproductive aux jeunes, assortis d'activit�s de formation, de soutien communautaire et de tutorat ;
- Un programme men� en conjonction avec l'YMCA de la capitale de Kingston, pour fournir � plus de 100 gar�ons de la rue des conseils et une �ducation en sant� reproductive, ainsi que des pr�servatifs � dans le cadre d'un plan plus vaste visant � soutenir les activit�s d'�ducation parentale et d'animation par des pairs; et
- Des programmes mettant en rapport les �coles et les centres de sant� dans deux localit�s de la paroisse de Sainte Elizabeth, dans le sud-ouest, et dans un autre endroit par le biais d'une ONG partenaire, � Kingston. Le conseiller, l'infirmi�re scolaire ou l'�ducateur pair discute en large des services disponibles aux centres de sant� ainsi que des questions li�es � la sant� reproductive.
Depuis longtemps, les jeunes �vitent les centres de sant� qui dispensent des services de sant� reproductive, malgr� leur emplacement g�n�ralement commode. Une �tude effectu�e r�cemment �num�re un certain nombre de probl�mes que les jeunes ont signal�s au niveau de ces centres7. Ils ont signal� l'absence de propret�, l'absence d'intimit�, en particulier pour l'obtention de conseil sur les IST, et la froideur du personnel � l'�gard des jeunes, notamment des jeunes sexuellement actifs. Aussi, le syst�me d'accueil des clients, en leur remettant un num�ro dans l'ordre d'arriv�e, au lieu de donner des rendez-vous, leur d�plaisait. Les centres de sant� ont re�u la note d'�valuation la plus basse, 1, sur une �chelle allant de 1 � 10.
"Les m�decins priv�s sont consid�r�s comme ceux qui fournissent les meilleurs services mais leur acc�s est particuli�rement difficile en raison de leur co�t", constatait l'enqu�te.
Certains adolescents ont l'impression que les prestataires de soins sont plus dispos�s � recevoir les gar�ons que les filles, traduisant par l� une opinion sociale suivant laquelle les gar�ons et les jeunes hommes doivent "jeter leur gourme", alors que les filles et les jeunes femmes doivent bien se comporter. D'apr�s une �tude r�alis�e en 1996, des prestataires de soins ont d�clar� qu'ils donnaient des pr�servatifs aux gar�ons et conseillaient aux filles l'abstinence8. Depuis longtemps, ce n'est qu'une fois que les filles tombent enceintes que leur visite au centre de sant� est consid�r�e comme justifi�e.
Les adolescents pr�f�rent les boutiques pour se procurer des pr�servatifs, pour des raisons de respect de l'intimit� et de la confidentialit�. D'apr�s l'enqu�te, Adolescent Condom Survey (Recours des adolescents au pr�servatif), plus de 55 % des jeunes hommes achetaient des pr�servatifs dans une pharmacie ou une boutique alors que beaucoup d'autres les obtenaient de camarades.
"Ils ne se rendent pas aux dispensaires m�me s'ils peuvent les y obtenir gratuitement", d�clare Olivia McDonald, du NFPB. "Je suppose que dans les dispensaires, on ne les laisse pas simplement sur des tables � la disposition des jeunes et que ces derniers ne vont pas s'y rendre pour en demander". Elle recommande de privil�gier la commercialisation sociale des pr�servatifs et le ciblage des adolescents au niveau communautaire.
Pauline Russell-Brown, de Youth.now, affirme qu'un grand nombre d'adultes ne reconnaissent pas que rares sont les jeunes qui consultent simplement un prestataire pour un probl�me de sant� reproductive. "Ils viennent pour une question sur un probl�me cutan� ou autre. Mais un prestataire qualifi� peut en r�alit� d�couvrir, dans la conversation � et il ne s'agit pas encore d'une s�ance de conseil � des questions qui sont li�es � la sant� reproductive".
� l'heure actuelle, les m�res adolescentes constituent le principal groupe d'adolescents qui utilisent les �tablissements du secteur public. La Women's Centre Foundation (Fondation du centre f�minin) de la Jama�que, qui est financ�e par le gouvernement et divers organismes internationaux, est l'�tablissement o� les adolescentes pr�f�rent se rendre pour obtenir des services de contraception apr�s avoir accouch�. La fondation aide les filles de moins de 18 ans � poursuivre leur �ducation pendant la grossesse et � retourner � l'�cole le plus rapidement possible. Elle apporte d'autres formes de soutien aux filles, � leurs parents, � leurs b�b�s et aux "p�res".
Former les prestataires de services
La formation est un th�me important des efforts visant � am�liorer les soins de sant� reproductive � l'intention des adolescents. Des groupements de base compos�s de quelque 20 individus, comprenant des prestataires cliniques, des parents et des personnes travaillant avec des groupes de parents, de pasteurs, de pairs et d'hommes, ont re�u une formation intensive ax�e principalement sur la compr�hension de leur propre sexualit� de mani�re � �tre en mesure de faire face aux questions soulev�es par les adolescents. Par la suite, les personnes ayant re�u cette formation ont dispens� cette formation dans leurs propres communaut�s et beaucoup d'entre eux figuraient dans un registre de formateurs � la disposition des populations locales. Pauline Russell-Brown affirme que ce projet a, avec le temps, enregistr� une "augmentation �norme" des demandes d'assistance en mati�re de formation.
Le personnel des centres de sant� � m�decins, infirmi�res, mais aussi gardiens et concierges qui contr�lent souvent l'acc�s aux soins � sont actuellement form�s � instaurer un environnement qui r�pond aux besoins des jeunes, prenant en compte les probl�mes mentionn�s par ces derniers. Dans un effort pour prot�ger davantage l'intimit� des jeunes, des assistants et auxiliaires dentaires, qui voient r�guli�rement les enfants scolaris�s et � qui ces derniers font souvent part de confidences, sont aussi en train d'�tre form�s � fournir des conseils en mati�re de sant� reproductive.
Cette ann�e, un second centre de services adapt�s aux besoins des jeunes a �t� ouvert � Lucea, dans la paroisse occidentale de Hanover, o� une bonne part du personnel de l'ensemble de la paroisse a d�j� re�u une certaine formation. Le premier centre de ce type a �t� ouvert au d�but de 2001 dans le sud-est de la Jama�que. Ailleurs, notamment dans les paroisses de Clarendon et de Sainte Elizabeth, des m�decins-hygi�nistes � les directeurs de la sant� � ont demand� � Youth.now de mettre au point des activit�s de formation et d'orientation de base � l'intention de tous les types de personnel afin que tous les �tablissements des paroisses puissent offrir certains services aux jeunes.
Le projet est-il donc de certifier que les dispensaires r�pondent aux besoins des jeunes ? Comme le d�clare Pauline Russell-Brown, Youth.now a collabor� avec des partenaires pour d�finir des normes et crit�res, qui pourraient servir d'instruments de gestion utiles, afin que les services r�pondent aux besoins des jeunes. Elle ajoute cependant que toute d�cision sur la certification des dispensaires incombe � la division Assurance de qualit� du Minist�re de la Sant�. Sa pr�occupation la plus importante est d'assurer l'am�lioration des attitudes des prestataires de soins, au sein des communaut�s et � l'�gard des jeunes.
R�pondre aux besoins d'informations
D�velopper la communication avec les adolescents a �t� un autre th�me important de la strat�gie visant � aider ces derniers � adopter des modes de vie plus sains. Un partenaire de Youth.now, Dunlop Corbin Communications, a dirig� une campagne de m�dias qui a diffus� des messages distincts suivant les tranches d'�ge. Le message s'adressant aux jeunes de 10 � 12 ans recommandait l'abstinence et, sinon, le pr�servatif. Le message s'adressant aux jeunes de 16 � 19 ans recommandait le pr�servatif. Et tous les messages, diffus�s par une large gamme de m�dias, invitaient les jeunes � obtenir des conseils en utilisant le t�l�phone rouge "Friend's Hotline", mis en place par la Fondation de la Jama�que pour les enfants.
Afin de v�rifier l'efficacit� de la campagne, une enqu�te de suivi a �t� men�e en septembre 20029. L'enqu�te a constat� que 82 % des adolescents (et 90 % des adultes) se rappelaient la campagne, 49 % des adolescents affirmant que leurs opinions et leur comportement �taient affect�s par ces messages. Le message d'abstinence r�sonnait le plus vivement chez les jeunes femmes et les jeunes de 10 � 12 ans. Le message sur les rapports sexuels sans risque par le recours au pr�servatif �tait le mieux re�u chez les jeunes hommes, en particulier ceux de la tranche plus �g�e.
Il est difficile de savoir si les messages se traduiront par un changement des statistiques sur le comportement dans la prochaine s�rie d'enqu�tes. Seulement 15 % environ des filles de 15 � 19 ans et 5 % des gar�ons consid�rent que l'abstinence est une m�thode de contraception pertinente pour les jeunes. Le pr�servatif et la pilule sont les m�thodes pr�f�r�es10.
N�anmoins, Olivia McDonald souligne que l'information et la communication sont la cl� � l'am�lioration de la sant� reproductive des adolescents. Elle veut que l'accent soit mis sur les parents, les prestataires et les �l�ves, qui pour la plupart b�n�ficient du programme du minist�re, Education en mati�re de sant� et de vie familiale. Les critiques pr�tendent que ce programme n'est pas suffisamment sp�cifique, qu'il s'adresse aux enfants trop tard (pour ce qui est de l'�ge) et qu'il est enseign� par des instructeurs qui se sentent mal � l'aise de parler de ce th�me.
Dans un autre effort pour fournir des informations aux adolescents, l'Office de la planification familiale a pilot� un magazine de t�l�vision d'une demi-heure, qui fait appel � des animateurs adolescents et s'accompagne de musique populaire. Environ 13 �pisodes de "Teen Scene" (Sc�ne de l'adolescence) ont �t� produits, avec des cr�dits du budget national. Toutefois, le budget de production restreint limite la diffusion du programme d'une demi-heure aux samedis apr�s-midi pendant les mois d'�t� et les vacances de No�l. L'emploi du pr�servatif, la contraception en cas d'urgence et le comportement sexuel sont parmi les th�mes examin�s dans ce programme.
D'autres documents �ducatifs sont en cours d'�laboration, notamment une s�rie de feuilles d'information que Youth.now est en train de pr�parer au service de l'�ducation publique et de ses partisans dans les paroisses. Ces feuilles d'information condensent et simplifient une part du gros volume d'informations sur la sant� reproductive rassembl�es � la Jama�que au cours des ans.
"Nous ne pourrons jamais combler le besoin en informations", fait valoir Olivia McDonald.
Mesurer le succ�s
L'ampleur et la poursuite des recherches existantes sont impressionnantes. N�anmoins, des critiques sont exprim�es. Marjan de Bruin, directrice suppl�ante du Caribbean Institute of Media & Communication (CARIMAC, Institut carib�en des m�dias et communications), � l'Universit� des Indes occidentales, met en doute que les recherches existantes traduisent les dimensions multiples du comportement sexuel � haut risque. De Bruin pr�tend que pour la majorit�, les recherches se concentrent sur l'acte sexuel m�me et ne situent pas le comportement sexuel � risque dans son contexte culturel ni ne tiennent compte de ses significations sociales, �conomiques et politiques11.
Avec tant de questions et d'initiatives interd�pendantes, un d�fi qu'il importe de relever est comment estimer les succ�s et les chances de succ�s, en particulier compte tenu des exigences concurrentes de l'�conomie depuis longtemps stagnante de la Jama�que.
Malgr� les d�fis futurs, Pauline Russell-Brown voit des points positifs. Elle est visiblement satisfaite des r�sultats des �valuations r�centes du Balaclava Health Centre, situ� en milieu rural dans la paroisse de Sainte Elizabeth, le premier centre adapt� aux besoins des jeunes, dont l'activit� a �t� entam�e en mars 2001.
"Nous avons remarqu� l'an dernier que le nombre d'adolescents ayant recours aux services de sant� en g�n�ral � pas simplement au planning familial � avait plus que doubl�", affirme-t-elle. "Quant au planning familial, il avait augment� de pr�s de 60 %. Et la premi�re chose que le personnel a mentionn�e �tait en effet son changement d'attitude." Pour ce qui est des adolescents, ont affirm� certains membres du personnel, "nous les traitons diff�remment ; notre attitude est diff�rente � leur �gard. Et ils se sentent plus � l'aise de venir nous parler � quel que soit le sujet, pas simplement les questions de sant� reproductive", fait remarquer Pauline Russell-Brown.
Mais comment son projet �valuera-t-il son succ�s ?
"Pour nous, le succ�s voudra dire que nous commencerons � observer une baisse des nouveaux cas d'IST, car la propagation de ces infections fait peur. Ce que nous savons, c'est que le taux d'infection augmente le plus rapidement chez le groupe des adolescents � des questions que le projet ne peut pas r�soudre � court terme."
Elle ajoute : "Le succ�s, pour nous, sera de continuer � observer une augmentation du nombre de jeunes qui se rendent aux �tablissements de sant�, quelle qu'en soit la raison, � observer dans l'Enqu�te de 2007 sur la pr�valence contraceptive une augmentation du nombre de jeunes qui nous diront que leur premi�re grossesse avait �t� planifi�e"12.
Suzanne Francis Brown est r�dactrice free-lance et consultant en communications, install�e � Kingston, Jama�que.
R�f�rences
- Statistical Institute of Jamaica, "Total population by age group"
(STATIN 2001), consult� en ligne le 17 avril 2003, www.statinja.com/ stats.html. Il se d�gage de ce rapport que la tranche des 10 � 14 ans comprenait 267.000 personnes et la tranche des 15 � 19 ans 243.700. (Note : D'apr�s le Rapport d�mographique 2001, la tranche de population des 10 � 19 ans regroupait 497.909 personnes.)
- Hope Enterprises, Report of the national knowledge, attitudes, behaviour & practices survey year 2000 (Kingston, Jama�que : Hope Enterprises, 2001). L'enqu�te indique que 54 % des interview�s du sexe masculin �g�s de 15 � 19 ans avaient eu plusieurs partenaires dans les 12 mois pr�c�dents, de m�me que 16,5 % pour le groupe des filles. L'Enqu�te sur le recours des adolescents au pr�servatif, r�alis�e en 2001, constatait que 4,7 % jeunes hommes de 15 � 19 ans et 11,7 % des jeunes filles avaient fait l'objet de coercition lors de leur premier acte sexuel, et que 14,5 % des gar�ons et 28,5 % des filles avaient fait l'objet de coercition dans le pass�. L'�valuation de la connaissance en sant� sexuelle et reproductive, telle qu'elle est mesur�e dans l'�tude de r�f�rence (2001) r�alis�e par l'Unit� de gestion Formation avanc�e et Recherche en mati�re de f�condit�, dans la paroisse de Sainte Elizabeth, r�v�lait que plus de 85 % des adolescents �taient au courant de la contraception, mais que peu y avaient eu recours lors de leur premier acte sexuel. Des �tudes ont �galement examin� la pr�sence parentale � domicile, la fr�quentation de services religieux et de clubs, ainsi que les supports de d�veloppement, comme la sensibilisation individuelle, les aptitudes de communication et les syst�mes � vocation sociale.
- Hope Enterprises, Report of the adolescent condom survey Jamaica, 2001 (Kingston, Jama�que : Hope Enterprises, ao�t 2001). L'�tude constatait que la moyenne d'�ge lors de la premi�re exp�rience sexuelle des adolescents de 15 � 19 ans �tait de 13,2 ans chez les gar�ons et de 15,2 ans chez les filles. Il convient de prendre en compte l'environnement social � les gar�ons peuvent avoir l'impression qu'ils s'attirent l'estime sociale en signalant une activit� sexuelle pr�coce et les filles une activit� sexuelle plus tardive.
- Elizabeth Eggleston, Jean Jackson et Karen Hardee, "Sexual attitudes and behavior among young adolescents in Jamaica", Family Planning Perspectives 25, no. 2 (juin 1999), consult� en ligne le 17 avril 2003, www.guttmacher.org/pubs/journals/2507899.html.
- Minist�re jama�cain de la Sant�, Programme national de pr�vention et de contr�le du VIH/IST, Facts and figures : Jamaica AIDS report, 2001, consult� en ligne le 17 avril 2003, www.jamaicanap.org/
aids2002.htm.
- National Centre for Youth Development, Adolescent and youth-serving organisations in Jamaica : results from the youth programmatic inventory survey of the national centre for youth development (Kingston, Jama�que : National Centre for Youth Development, 2002). Un inventaire de 141 organisations au service des jeunes constatait que les jeunes repr�sentaient 24 % des clients, que les deux tiers des services � l'intention des jeunes s'adressaient aux jeunes femmes, pour la majorit� au-dessus de 15 ans. L'enqu�te concluait que 23 % des organisations qui se concentraient sur les jeunes �taient des ONG.
- Cate Lane et al., Nine-tenths of reality (Kingston : Youth.now, mai 2002).
- Carmen McFarlane et al., The quality of Jamaica public sector and NGO family planning services : perspectives of providers and clients (Research Triangle Park, Caroline du Nord : Family Health International, 1996).
- Hope Enterprises, Youth.now advertising recall survey (Kingston : Hope Enterprises, septembre 2002).
- Hope Enterprises, A report of the adolescent condom survey Jamaica, 2001.
- Marjan de Bruin, Teenagers at risk (Kingston : Youth.now, 2002).
- C.P. McFarlane et al., Reproductive health survey 1997, Jamaica : final report (Atlanta : Centers for Disease Control and Prevention, 1999). Environ 13 % des m�res de 15 � 19 ans qui ont accouch� dans les cinq derni�res ann�es ont dit que la naissance avait �t� planifi�e.
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