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Guide de d�mographie
Chapitre 12 : Mouvements de population
Les mouvements de population comportent trois �l�ments : les naissances, les morts et la migration. Au fur et � mesure que les gens naissent, meurent ou se d�placent, les effectifs d'une r�gion peuvent changer. Pendant la plus grande partie de l'histoire, la population mondiale a augment� tr�s lentement, mais au XX�me si�cle, cette croissance s'est acc�l�r�e.
Equation d'�quilibre
La m�thode essentielle de calcul des mouvements num�riques de la population dans le temps consiste � employer "l'�quation d'�quilibre."
En 1996, la population polonaise a augment� de 29.900 habitants. |
Accroissement naturel
L'accroissement naturel est l'exc�dent (ou le d�ficit) de naissances par rapport aux d�c�s dans une population durant une p�riode de temps donn�e.

Taux d'accroissement naturel
Le taux d'accroissement naturel est le taux auquel une population augmente (ou diminue) pendant une ann�e donn�e en raison de l'exc�dent (ou du d�faut) de naissances par rapport aux d�c�s, exprim� en pourcentage de la population de base. Ce taux ne tient pas compte des effets de l'immigration ou de l'�migration.
En 1996, le taux d'accroissement naturel de la Pologne �tait de 0,1 %. |
Le taux d'accroissement naturel peut aussi se calculer d'apr�s les taux de natalit� et de mortalit�.

Taux de croissance
Le taux de croissance est le taux auquel une population augmente (ou diminue) durant une ann�e donn�e en raison de l'augmentation naturelle et de la migration nette, exprim� en pourcentage de la population de base.
Le taux de croissance tient compte de tous les �l�ments de la croissance de la population : naissances, d�c�s et migration. Il ne faut pas le confondre avec le taux de natalit� ; cependant, on fait parfois cette confusion.
En 1996, le taux de croissance annuel de la Pologne �tait de 0,07 %. |
Le taux de croissance est aussi �gal � la somme du taux d'accroissement naturel et du taux net de migration :

Les taux de natalit� et d'accroissement de la population sont normalement variables. Un d�clin de la population d'une r�gion ne r�sulte pas n�cessairement d'un d�clin du taux de croissance. Cela peut signifier que la population continue d'augmenter � un rythme plus lent. Seul un taux de croissance n�gatif indique le d�clin d'une population. De nos jours, environ une douzaine de pays, tous europ�ens, voient leur population totale diminuer, mais beaucoup de pays connaissent un d�clin de leur taux de croissance.
| En 1997, la population du monde augmentait � un taux de 1,5 % par an (en d'autres termes, elle augmentait chaque ann�e de 15 personnes pour 1.000 habitants). Ce taux de croissance devrait donner lieu � un accroissement de 86 millions de personnes en 1998.
Le Lib�ria, avec un taux de croissance de 5,8 % en 1998, a un des taux de croissance les plus �lev�s dans le monde. Par opposition, la Bulgarie voit sa population diminuer de -0,5 % par an. |
Temps de doublement
La croissance exprim�e sous forme de pourcentage n'est pas toujours tr�s r�v�latrice ; un taux de croissance de 3 % est-il rapide ou lent ? Parfois, une fa�on plus appropri�e d'exprimer la croissance de la population consiste � calculer combien de temps il faudrait, au rythme actuel, pour qu'une population double ses effectifs. Un pays ayant un taux de croissance constant de 1 % doublerait sa population en 70 ans ; avec une croissance de 2 %, il faudrait 35 ans ; et avec une croissance de 3 %, 23 ans.
Une m�thode rapide pour estimer le temps de doublement consiste � diviser 70 ans par le taux de croissance exprim� en pourcentage.
Si le taux de croissance enregistr� en 1996 (0,08 %) se maintient, la Pologne doublera sa population en 875 ans environ. |
| Avec un taux annuel de croissance de 1,82 % en 1996, il faudrait aux Emirats arabes unis environ 38 ans pour doubler leur population. Il faudrait � l'Ouganda 24 ans, avec un taux de croissance de 2,9 %, alors qu'il faudrait plusieurs si�cles � la Belgique avec un taux de 0,5 %. |
Le temps de doublement ne doit pas �tre utilis� pour estimer les effectifs futurs de la population ; en effet, il suppose que le taux de croissance va rester constant pendant des dizaines d'ann�es, alors que les taux de croissance changent constamment. N�anmoins, le calcul du temps de doublement aide � se faire une id�e de la rapidit� de croissance d'une population � l'heure actuelle.
Il a fallu attendre 130 ans pour voir la population mondiale doubler, c'est-�-dire passer de 1 � 2 milliards. Il a ensuite fallu attendre 45 ans de plus pour la voir doubler de nouveau, c'est-�-dire passer de 2 � 4 milliards, et au rythme actuel, elle devrait doubler de nouveau dans 50 ans d'ici.
La transition d�mographique
La transition d�mographique fait r�f�rence aux changements que conna�t la population en passant de niveaux �lev�s de f�condit� et de mortalit� � des niveaux faibles. Historiquement, les niveaux �lev�s de f�condit� et de mortalit� emp�chaient les populations de conna�tre une forte croissance d�mographique. Qui plus est, nombre de populations ne connaissent non seulement aucun croissance, mais disparaissent parfois compl�tement lorsque la hausse des taux de mortalit� n'est pas compens�e par une hausse des taux de natalit�. Lorsque les conditions de vie et la nutrition commencent � s'am�liorer, les taux de mortalit� finissent par diminuer. D'ordinaire, une baisse de la mortalit� pr�c�de une baisse de f�condit�, ce qui donne une forte croissance d�mographique pendant la p�riode de transition. En Europe et dans d'autres pays industrialis�s, les taux de mortalit� ont diminu� lentement. Les progr�s m�dicaux avec les avantages qui en d�coulent ont donn� lieu � une baisse plus rapide des taux de mortalit� dans les pays qui ont commenc� la transition au XX�me si�cle. La baisse des taux de f�condit� n'ayant �t� ni aussi rapide ni aussi radicale que la baisse des taux de mortalit�, la population a donc connu une forte croissance d�mographique.
| La transition d�mographique
La Finlande est un bon exemple d'un pays qui a travers� les quatre �tapes de la transition d�mographique.
Premi�re �tape
Taux de natalit� �lev�, taux de mortalit� �lev� = peu ou pas de croissance (la Finlande en 1785�1790)
Taux de natalit� : 38 pour 1.000
Taux de mortalit� : 32 pour 1.000
Taux d'accroissement naturel : 0,6 %
Deuxi�me �tape
Taux de natalit� �lev�, taux de mortalit� en baisse = taux de croissance �lev� (la Finlande en 1825�1830)
Taux de natalit� : 38 pour 1.000
Taux de mortalit� : 24 pour 1.000
Taux d'accroissement naturel : 1,4 %
Troisi�me �tape
Taux de natalit� en baisse, taux de mortalit� relativement faible = croissance ralentie (la Finlande en 1910�1915)
Taux de natalit� : 29 pour 1.000
Taux de mortalit� : 17 pour 1.000
Taux d'accroissement naturel : 1,2 %
Quatri�me �tape
Faible taux de natalit�, faible taux de mortalit� = tr�s faible croissance de la population (la Finlande en 1970�1976)
Taux de natalit� : 12 pour 1.000
Taux de mortalit� : 10 pour 1.000
Taux d'accroissement naturel : 0,2 % |
| Population mondiale : trois options
Les courbes du la figure 4 d�crivent trois modes de progression possibles du chiffre de la population.
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Figure 4
Trois modes de progression possibles du chiffre de la population
Source : Nations Unies.
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La courbe de r�duction lente de la f�condit� suppose que l'indice synth�tique de f�condit� (nombre d'enfants par femme) ira en diminuant pour atteindre 2,5�2,6 en 2050. Selon cette hypoth�se, le chiffre de la population mondiale augmenterait jusqu'� 11,2 milliards en 2050, 17,5 milliards en 2100 et 27 milliards en 2150.
La courbe de r�duction mod�r�e de la f�condit� suppose que le niveau de remplacement (environ 2,1 enfants par femme) sera atteint en 2055 et que le chiffre de la population mondiale se stabilisera aux alentours de 9,4 milliards en 2050, 10,4 milliards en 2100, et 10,8 milliards en 2150. Selon cette hypoth�se, le chiffre de la population mondiale finira par se stabiliser aux alentours de 11 milliards en 2200.
La courbe de r�duction rapide de la f�condit� suppose que l'indice synth�tique de f�condit� (nombre d'enfants par femme) finira par se stabiliser aux alentours de 1,35 et 1,60. Selon cette hypoth�se, le chiffre de la population mondiale augmenterait jusqu'� 7,7 milliards en 2050, puis commencerait � diminuer pour atteindre 5,6 milliards en 2100 pour finalement tomber � 3,6 milliards en 2150.
Aucune de ces hypoth�ses ne suppose que les taux de f�condit� resteront aussi �lev�s qu'ils le sont actuellement. Ces hypoth�ses sont bas�es sur les projections des Nations Unies publi�es en f�vrier 1998. |
Au-del� de la transition
Il existe une cinqui�me �tape � la transition d�mographique. Lorsque la f�condit� tombe � un niveau tr�s bas et demeure � ce niveau pendant une p�riode prolong�e, ce faible taux de croissance de la population risque de devenir n�gatif. Aujourd'hui, nombre de pays europ�ens ont un ISF inf�rieur au niveau de remplacement d'environ deux enfants par femme. Vers la fin des ann�es 90, la Bulgarie, l'Italie, l'Espagne, la R�publique tch�que, la Lettonie et la Russie avaient le plus faible ISF du monde � 1,2 � et plusieurs autres pays n'�taient pas tr�s loin derri�re.
L'exp�rience limit�e montre jusqu'ici qu'une f�condit� en d�clin a tendance � tomber au-dessous du niveau de remplacement et (du moins jusqu'� pr�sent) � rester inchang�e. Ce fait est devenu une question omnipr�sente pour nombre de pays d�velopp�s et le sera bient�t pour quelques autres. Au rythme actuel, la population de l'Allemagne pourrait diminuer d'un tiers d'ici la moiti� du XXI�me si�cle.
Des pays tels que la France ont institu� des politiques en faveur de la croissance sans grand succ�s, quoique sans ces politiques, les taux de f�condit� seraient certainement tomb�s � des niveaux encore plus faibles. Nombreux des facteurs qui ont contribu� � la baisse de la f�condit� � une plus grande participation des femmes dans le monde du travail, l'augmentation du co�t de la vie et les pr�f�rences des gens concernant ce � quoi ils veulent consacrer leur temps � semblent inciter les taux de f�condit� � rester faibles.
Les besoins de la population vieillissante et la capacit� limit�e des travailleurs en nombre relativement r�duit de subvenir � leurs besoins suscitent de plus en plus d'inqui�tude pour ces populations.
Taux de croissance nulle
Le taux de croissance nulle (TCN) se produit lorsque la somme du nombre de naissances et le nombre d'immigrants est �gale au nombre de d�c�s et d'�migrants. Une population dont la f�condit� est �gale au niveau de remplacement n'aura pas forc�ment un taux de croissance nulle par suite de l'impact de l'�lan d�mographique. Une population jeune continuera de s'accro�tre pendant plusieurs g�n�rations au fur et � mesure que la majorit� des jeunes entreront et �volueront dans leurs ann�es de procr�ation.
Recul de l'histoire
Durant la plus grande partie de son histoire, la race humaine ne s'est accrue que tr�s lentement. Il a en effet fallu des centaines de milliers d'ann�es pour que la population mondiale atteigne le chiffre de 1 milliard, ce qui s'est produit vers 1800. A partir de ce moment-l�, l'accroissement d�mographique a connu un rythme plus rapide, � mesure que les taux de mortalit� ont commenc� � diminuer. Il n'a fallu que 130 ans pour atteindre le deuxi�me milliard, vers 1930. La barre des 3 milliards a �t� franchie en 1960 et il n'a fallu que 15 ans (1975) pour atteindre le quatri�me milliard. En 1987, la population mondiale �tait de 5 milliards et devrait atteindre les 6.1 milliards en 2001.
En 1997, le taux de natalit� mondial �tait de 24 naissances par 1.000 habitants, les femmes ayant en moyenne 3 enfants. Le taux de mortalit� �tait de 9 par 1.000 habitants, d'o� un taux d'accroissement annuel de 1,5 %. Si ce dernier chiffre est en r�gression par rapport au maximum de 2,1 enregistr� vers la fin des ann�es 60, il est malgr� tout suffisant pour entra�ner un accroissement d�mographique rapide et sans pr�c�dent. Si ce taux devait demeurer constant, la population mondiale atteindrait presque 58 milliards en 2150. Cependant, personne ne s'attend � ce que l'on en arrive l�. Bien avant de parvenir � ce niveau, la courbe de l'accroissement plafonnera � � la suite du fl�chissement du taux de natalit�, de l'�l�vation du taux de mortalit� ou d'une combinaison des deux ph�nom�nes.
La croissance d�mographique au cours du XX�me si�cle se distingue par des caract�ristiques v�ritablement uniques : le monde est entr� dans ce si�cle avec un effectif l�g�rement inf�rieur � 2 milliards de personnes et, d'apr�s les pr�visions, il en sortira avec une population avoisinant les 6 milliards. Plus de 80 % des �tres humains habitent les pays les moins d�velopp�s.
Quels sont les effets d'une telle croissance sur le d�veloppement �conomique ? D'aucuns pr�tendent que la croissance d�mographique et la densit� de la population ne peuvent qu'encourager la modernisation et l'augmentation de la productivit�. Pour d'autres, la progression rapide de la population dans la plupart des pays en les pays en d�veloppement est la raison fondamentale de leurs probl�mes en mati�re de d�veloppement.
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