Que nous réserve le XXIème siècle ? Le développement économique et social gagnera-t-il de vitesse sur la croissance démographique ? Le monde découvrira-t-il qu'il est en mesure de subvenir aux besoins d'êtres humains beaucoup plus nombreux qu'il ne nourrit aujourd'hui ? Ce qui est certain, c'est que notre capacité à comprendre le comportement des êtres humains et à pressentir les changements continuera d'être fonction de nos connaissances élémentaires en matière de population.
Cinq conférences internationales sur la population ont eu lieu au XXème siècle. En 1954, des experts démographiques se sont réunis à Rome pour échanger les résultats de leurs travaux. Ils ont apporté de nouvelles idées sur les conséquences de la croissance démographique et ont adressé un léger avertissement concernant l'éminence des changements démographiques. Malgré cela, aucune résolution ou recommandation formelle n'a été prise. En 1965, des experts démographiques se sont réunis à Belgrade, en Yougoslavie, pour examiner l'aspect stratégique de la fécondité dans le cadre de la planification du développement. L'accroissement démographique sans précédent enregistré dans le monde avait suscité une analyse plus approfondie des aspects démographiques du développement. Pourtant, le but était toujours d'assurer l'avancement des connaissances scientifiques, plutôt que l'élaboration d'une stratégie.
En 1974, la première conférence intergouvernementale sur la population s'est tenue à Bucarest sous l'égide des Nations Unies. Elle a réuni des représentants de 136 pays qui, pour la première fois, ont reconnu l'ampleur et la complexité du problème de la population. Pour la première fois, le thème central a dévié de l'échange d'informations pour se tourner vers la stratégie du développement. Ainsi donc, la population a commencé à être perçue comme un défi de portée internationale. Parallèlement, les pays en voie de développement connaissaient un retard économique et une pauvreté endémique. Les pays industrialisés ont insisté sur la nécessité d'élaborer des programmes visant à contrôler la croissance démographique. Les pays en voie de développement ont rétorqué que "le développement était la meilleure méthode contraceptive" et se sont opposés à l'intervention des pays industrialisés. Malgré la controverse, les délégués ont établi le premier document international sur les stratégies et les programmes démographiques. Ils ont approuvé un Plan d'action mondial qui déclare que tous les couples et toutes les personnes ont le droit fondamental de décider, librement et dans l'exercice de leurs responsabilités, du nombre et de l'espacement de leurs enfants et de disposer de l'information, de l'éducation et des moyens leur permettant d'exercer ce droit.
En août 1984, la Conférence internationale sur la population qui s'est tenue à Mexico et à laquelle ont participé 149 pays a examiné et entériné le Plan d'action de 1974.
En 1994, les représentants de plus de 180 pays et 1.200 organismes non gouvernementaux se sont réunis au Caire, en Egypte, dans le cadre de la Conférence internationale sur la population et le développement (ICPD) sous l'égide des Nations Unies. Tous ont été d'accord pour reconnaître qu'une seule solution ne suffirait pas à résoudre les problèmes de croissance démographique. Les stratégies à long terme qui ont été recommandées sont un développement économique responsable, l'éducation et l'autonomie des femmes et des soins de santé de qualité, notamment des programmes de planning familial. La santé et le bien-être des personnes et la satisfaction des besoins des familles ont été reconnus comme étant indispensables pour atteindre les objectifs de développement fixés. Les délégués ont adopté un Plan d'action de 20 ans qui jette les bases d'un cadre stratégique de démographie à long terme pour le XXIème siècle.
Evolution démographique
Depuis la conférence de Bucarest de 1974, de nombreux pays en voie de développement ont décuplé leurs efforts pour améliorer leur économie et veiller à la santé de leurs ressortissants et accroître leur soutien aux programmes de planning familial. Grâce à ces activités et autres efforts, on a constaté une diminution sensible de l'indice synthétique de fécondité dans les pays en voie de développement. En effet, dans ces pays (à l'exclusion de la Chine1) le nombre de naissances par femme, durant les années de procréation, est tombé de 6, dans les années 60, à 3,8 en 1998.
Les taux de natalité dans les pays en voie de développement (à l'exclusion de la Chine), ont diminué de 31 %, c'est-à-dire de 42 naissances par 1.000 habitants vers la fin des années 60 à 29 pour 1.000 vers la fin des années 90.
Néanmoins, les taux de mortalité ayant aussi baissé de 41 % durant la même période (de 17 à 10), le taux d'accroissement naturel de ces pays n'a pas diminué notablement durant cette période (24 % seulement, c'est-à-dire de 2,5 % à 1,9 %) par rapport au taux de natalité. En résumé, au cours des 25 dernières années, les pays en voie de développement ont vu une diminution marquée de leur taux de natalité, tandis que leur taux de croissance a diminué à un rythme beaucoup plus lent.
Nombre de pays, surtout en Europe, ont des populations "vieillissantes" en raison du déclin régulier de la fécondité associé à l'espérance de vie constante ou en amélioration des personnes âgées qui finit par générer une forte proportion de personnes appartenant aux vieilles tranches d'âge et une faible proportion d'enfants et d'adolescents. Ceci donne lieu à une augmentation de l'âge médian de la population.
1. Les statistiques sur la fécondité des pays en voie de développement, à l'exclusion de la Chine, fournissent une photographie instantanée plus représentative de la situation globale de la population dans ces pays. En Chine, la fécondité (avec un ISF de 1,8) et les programmes de planning familial ont été très différents de ceux des autres pays en voie de développement.